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jeudi 15 février 2007, 14h49
CONAKRY (AFP) - Les autorités tentaient jeudi de reprendre le fil du dialogue en Guinée, où l'état de siège décrété par le président Lansana Conté a donné lieu à des exactions de militaires et à une suspension de nombreuses libertés, condamnées avec force par la communauté internationale. Les responsables de plusieurs "institutions de la République" ont invité les syndicats à une rencontre dans l'après-midi, en présence de représentants du patronat et de chefs religieux, a annoncé à l'AFP le président de l'Assemblée nationale Aboubacar Somparé. Plusieurs responsables syndicaux ont accepté l'invitation, à l'exception de Ibrahima Fofana, le secrétaire général de l'Union syndicale des travailleurs de Guinée (USTG), une des deux centrales au centre du mouvement de contestation lancé en janvier contre le régime de Conté. "Les institutions républicaines n'ont plus de pouvoir, c'est l'armée qui commande. Il faut lever l'état de siège avant toute négociation", a déclaré à l'AFP Alpha Sow, un proche de M. Fofana. De son côté, Rabiatou Sérah Diallo, leader de la Confédération nationale des travailleurs de guinée (CNTG), a confirmé sa présence à cette rencontre, mais a prévenu qu'elle ne resterait pas si le chef d'état-major des armées Kerfalla Camara n'était pas présent. "Je vais y aller pour faire part au général Camara des exactions de l'armée ces derniers jours. S'il n'est pas là, je partirai aussitôt", a-t-elle déclaré à l'AFP. Aucune des sources contactées par l'AFP n'a pu confirmer la présence à cette réunion du chef d'état-major des armées, le général Kerfalla Camara, véritable détenteur du pouvoir depuis que le président Conté a décrété le 12 février un état de siège extrêmement contraignant, prévoyant notamment un couvre-feu de 18 heures sur 24. Cet état de siège, destiné à faire taire une contestation orchestrée par les syndicats, a donné lieu à de nombreuses exactions des forces de l'ordre, qui ont tué huit personnes depuis lundi soir. Un apaisement relatif dans l'ensemble du pays a marqué cependant la matinée de jeudi, pendant laquelle aucun abus des forces de sécurité ni tir d'intimidation n'avait encore été rapporté à la mi-journée. Les récents événements en Guinée ont alimenté l'inquiétude de la communauté internationale, dont les réactions se sont multipliées ces dernières heures. Dans une lettre adressée au président Conté, le président de la Commission de l'Union africaine (UA), Alpha Oumar Konaré, a condamné "l'usage disproportionné de la force contre les populations civiles qui a entraîné de nombreuses pertes en vies humaines". Au moins 112 personnes ont été tuées dans des affrontements entre forces de sécurité et manifestants depuis le début de la vague de contestation contre le régime de Conté, âgé de 72 ans et au pouvoir depuis 23 ans. "Il est à craindre que l'état de siège que vous venez de décréter n'aggrave la situation et ne conduise à une instabilité encore plus grande", a notamment averti M. Konaré. A Cannes (sud de la France), où a débuté le 24e sommet Afrique-France, seize chefs d'Etat d'Afrique francophone et le président français Jacques Chirac ont exprimé mercredi soir leur "inquiétude partagée" sur la situation en Guinée. Dans le cadre d'un renforcement "par précaution" de la présence maritime française au large de la Guinée, un bâtiment de la marine française a appareillé de Toulon (sud de la France) jeudi matin à destination du golfe de Guinée.
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